Lundi 8 aout : de Nara vers Ise

Réveil dans les draps très blancs, la couette moelleuse, et la lumière qui filtre par la grande baie qui fait un peu fenêtre d’atelier. C’est notre premier lit depuis qu’on a quitté Satomi. C’est une rénovations qui me plait.

Balade au temple…

… et entre ses lanternes…

… pour continuer dans la forêt…

… avant d’aller faire un tour dans les petites rues de la ville, et manger un shabu-shabu dans un restau désert à la déco « vieille allemagne » : meubles en bois foncé, lustrés, velours rouge.

Ce soir on prend le train pour Ise. Le train roule dans une toute petite vallée, pas du tout habitée. Rivières, forêts, quelques champs, dans la lumière de la soirée. C’est un des plus beaux moments du voyage. J’ai les yeux captivés par le paysage.

Un peu plus tard un homme monte dans le train. Il a un vélo bien ensaché dans une  housse avec lui. Il nous aborde et nous commençons à discuter en anglais. On fait le changement de train avec lui, en fait nous allons dans la même direction. On continue encore de parler tout le trajet, jusqu’à ce qu’il nous invite pour le lendemain ! Pour manger une glace, dit-il, et aller au bain. Il descend un arrêt avant nous.

On arrive à l’auberge à Ise. L’ambiance est festive, sous les guirlandes de fanions et de bois flotté. On partage un Ume shu avec deux français et une canadienne qui nous raconte avec force humour son pèlerinage qui vient de s’achever, et sa rencontre avec un ourson dans la forêt !

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Lundi 8 aout : de Nara vers Ise

Dimanche 7 aout : Nara

La veille au soir on était rentrés de nuit, avec le taxi gentiment commandé par la dame de la gare avec qui on avait déjà parlé le matin. Longues journées ! Quelques tentes de plus égayaient déjà la clairière. Ce matin c’est vraiment animé. Il y a plein de gens qui installent des tables, des banderoles, apparemment il va y avoir une fête. En bas de la colline des dizaines d’enfants et leurs familles s’installent pour tremper les pieds, pêcher à l’épuisette, et faire un barbecue.

On en profite un peu.

Et on roule vers Nara. Une des toutes premières capitales historiques du Japon, un trésor maintes fois loué pour sa beauté et ses temples.

Chance inattendue, c’est la fête des lanternes à Nara pour toute la semaine. Tous les soirs des milliers de lanternes sont allumées dans les rues, les parcs, les prairies. Des échoppes vendent plein de choses à boire ou manger. Régal.

Dimanche 7 aout : Nara

Samedi 6 aout : Hiroshima

A 8h16 la sirène retentit. Il y a 71 ans Hiroshima était bombardée.

Pour l’instant on le sait, mais on ne le sent pas vraiment. La clairière verte est pleine de paix.

L’horloge à gauche compte les jours depuis le bombardement, et les jours depuis le dernier essai nucléaire dans le monde. Même pas une année. L’horloge est faite pour se briser irrémédiablement passé un certain cap dans le degré de paix du monde. C’est une œuvre toute en subtilité, qui laisse à chacun le soin de tirer ses conclusions.

Dans le musée du mémorial pour la paix, la moitié est en rénovation, qui concerne les circonstances du bombardement. Dans la deuxième partie sont expliqués en détail la composition de la bombe, son explosion, les dégâts immédiats et des année après. Dans cette partie le nom des Etats Unis n’est qu’à peine cité. L’objet du musée n’est pas de cultiver la rancœur mais d’être un témoin exact de ce qui s’est passé. Dans le parc autour, les gens amènent les milliers de grues pliées pendant l’année, jouent de la musique, se recueillent devant les monuments commémoratifs.

Des manifestants demandent l’interdiction des armes nucléaires dans le monde. Regards de connivence.

Le soir des milliers de lanternes porteuses d’un message de paix sont déposés dans la rivière, sous le regard du dôme, seul rescapé du bombardement. Dans un coin du parc des hippies japonais dansent, jouent de la musique, éclairés par la bougie, et plus tôt dans l’après midi, par des panneaux solaires.

Samedi 6 aout : Hiroshima

Vendredi 5 aout : de Miyajima à Hiroshima

C’est le matin sur l’île de Miyajima et il est temps de vous présenter ses résidents. Ils nous tournaient autour pendant qu’on pliait la tente, et après ils sont carrément venus à l’assaut du petit déjeuner.

Un premier bain public, un délicieux bol de Katsudon (une escalope de porc pané sur un bol de riz cuit dans un bouillon aux oignons et aux oeufs), un dernier petit tour, et le grand torii rouge devient de plus en plus petit dans le sillage du ferry qui s’éloigne.

Dans la banlieue d’Hiroshima on a attendu le bus 2h30 parce qu’on s’était planté de 20mètres pour l’arrêt. Comme tu peux imaginer l’ambiance était hyper bonne, j’ai pas du tout râlé.

Mais le différent fut vite oublié, quand arrivés au pied de la colline, on a commencé à monter à la nuit tombée les marches de pierre dans la forêt, le long d’un ruisseau. A peine salués par un motard solitaire préparant son campement sous un ponton, et deux jeunes gens descendant gaiement guitare sur le dos. Dans la clairière il n’y avait qu’une seule tente plantée, et les étoiles pour nous éclairer.

Vendredi 5 aout : de Miyajima à Hiroshima

Jeudi 4 aout : Miyajima

Dans la rue commerçante de Miyajima il y a des pâtisseries qui fabriquent des gâteaux fourrés en forme de feuille d’érable. C’est toute une mécanique de cuivres bien huilés comme dans Charlie et la chocolaterie pour remplir, farcir, fermer, cuire, ranger les gâteaux. On dirait une trompette à piston transformée en machine à biscuits.

Il fait hyper chaud et j’achète un chapeau. On mange de la pastèque dans un petit coin tranquille derrière un temple. C’est frais et ça colle aux doigts.

On nous a dit plus tard que Miyajima c’était la demeure des dieux du Japon, le centre de l’énergie du pays.

Du point culminant de l’île on voit Hiroshima et toute la mer alentour.

On redescend à pied, plutôt seuls, en faisant attention où on met les pieds, il parait qu’il y a des invertébrés venimeux.

De retour en bas c’est aussi calme qu’on nous l’avait dit. La mer s’est retirée et on peut marcher jusqu’au pied du torii.

Arrivés à notre tente la nuit, on mange sur la plage de sable pendant que des gens très jeunes rient et tirent des feux d’artifice.

Jeudi 4 aout : Miyajima

Mercredi 3 aout : Akiyoshidai Akiyoshido

Le matin c’est le moment de dire au revoir à Satomi, après un bon petit-déjeuner avec Taro et natto. Ce n’aura été que quelques heures avec elle, et c’est comme d’avoir rencontré un monde tout entier. Je n’ai pas encore fini de repenser, rêveuse, à son énergie.

Après un trajet en train, puis en bus, on arrive à Akiyoshidai pour visiter une grotte ornée de concrétions variées, en colonnes, drapés, ou séries d’assiettes.

A mi chemin on peut remonter à la surface pour découvrir le plateau. L’orage menace et la lumière a un air féérique sur les pentes vallonnées des collines. Après avoir pique niqué on s’aventure un peu sur les chemins de randonnées mais tout le monde rebrousse chemin et bientôt le bruit de la foudre est si proche qu’il me fait d’abord sursauter, crier, puis rentrer en courant tandis que la pluie s’abat.

De retour dans la grotte une partie de l’électricité est coupée, il faut marcher vers la sortie.

Et déjà c’est reparti pour la prochaine étape. Le train rapide jusqu’à Hiroshima. Honshu défile par les vitres. Une petite sortie de gare express pour manger un okonomiyaki et goûter l’Ume Shu, dans un verre à glaçons. On saute dans le train de banlieue qui va au port, pour prendre un des derniers bateaux pour l’île de Miyajima. A l’embarcadère il fait un peu nuit. On voit deux filles avec des gros sacs et des tentes. Elles viennent d’Israel, et voyagent dans tout le pays. Elles ne savent pas bien où dormir donc on les guide jusqu’au camping. 4 kilomètres à pied, dans la nuit, le bruit du vent, de la mer, les daims qu’on croise, quelques phares de voitures..

 

Mercredi 3 aout : Akiyoshidai Akiyoshido

Mardi 2 aout : Yamaguchi

J’ouvre les yeux dans un autre pays. Curieuse sensation de retrouver un vieil ami, d’un voyage qui se met bout à bout en faisant fi de l’année passée. J’ai quelques yens en poche et je vais au supermarché en habituée. C’est un nouveau voyage qui se prépare, à deux cette fois. J’ai rendez-vous dans une gare à l’autre bout du monde, comme si de rien n’était.

Japan Rail Pass en poche je m’achemine avec mon sésame. J’attends tranquillement en explorant Shin-Yamaguchi avant que d’un coup une tête frisée ne fusionne mes univers.

Le train pour Yamaguchi. A bicyclette, jusqu’au temple de la pagode à cinq étages.

Encore le train entre les champs de riz. Satomi nous attend pour nous accueillir chez elle. Sa maison face aux rizières est un havre de paix. Clique pour regarder, tu verras les belles poutres en bois, le chat qui veille et les enfants qui jouent.

Satomi nous régale. Elle a invité son élégante voisine, et le très jeune pensionnaire néerlandais qu’elle accueille. Le mari de Satomi est rentré. Les enfants rient sans arrêt. Nous mangeons tous ensemble les sashimis les plus frais et joyeux qu’on pouvait imaginer.

 

Mardi 2 aout : Yamaguchi